Carnet de voyage à la Tadrart

 

    Samedi 5 Novembre 2005: D'Alidema à Djanet

Bivouac à Alidema




  Le bivouac d'Alidema au lever du soleil. Aucun scorpion dans mes chaussures.





Dromadaires


  Pendant le retour vers Djanet, nouvelle rencontre avec des dromadaires en "liberté"; cette fois-ci, nous les approchons avec mille précautions, pour éviter de les effrayer.

Mohammed

  Le retour vers Djanet s'effectue dans le Ténéré, un désert plat, sur une piste un peu monotone; nous avons plus de cent kilomètres à parcourir. A droite, nous longeons les premiers contreforts montagneux des plateaux de la Tadrart. Nous faisons un petit crochet pour passer dans une zone plus jolie mais plus sablonneuse, qui nous oblige à ralentir. La piste est belle, et notre guide, d'un geste impératif de la main, continue à imposer son chemin avec précision, laissant au chauffeur la seule initiative d'éviter les cailloux. Une trace parallèle sur notre gauche semble montrer une fois de plus qu'on peut rouler partout, jusqu'au moment où elle aboutit à une tache suivie d'un long trait noir rectiligne entre les traces des roues. C'est le sommet d'un rocher mal placé, sorte de récif caché dans le sable, et autour, un éparpillement de pièces de carter et de boulons tordus baignant dans le sable noirci.



  Un grand merci à toute l'équipe, à Mohammed, guide et chef de l'équipe, et à Patrick Chatelier, photographe, baroudeur, organisateur de voyages photo et animateur de Couleurs sables.

  J'ai vainement essayé de reconnaître les sites visités sur les photos satellites; je ne me retrouve pas. La précision des ces photos est pourtant bonne, et il est possible de mesurer les distances. On voit bien l'oued In Djaren, on distingue très bien les dunes, des zones foncées qui sont les roches, et même des zones bleues qui semblent être de l'eau (?) Je ne pense pas que les dunes aient tellement bougé en 2 ou 3 ans.

    Les différentes formules de voyage dans le désert.

      Si le but consiste à s'imprégner de l'ambiance traditionnelle, la formule la plus lente semble indiquée, car elle seule permet la confrontation avec des sensations inconnues de notre civilisation occidentale. Éviter les périodes climatiques les plus douces, goûter aux vents de sable, organiser les restrictions d'eau, accepter de prolonger l'expérience jusqu'à subir la lassitude, voila des objectifs valorisants pour le voyageur fortement motivé et avide de dépassement de soi. Dans ce cas, le but premier est éloigné de la photo. C'est une forme de pélerinage pour retrouver les sensations décrites dans les textes anciens.

Quelle est la meilleure formule de voyage pour un passionné de photos? 

  Si le 4x4 n'est pas le bienvenu en ville, il faut reconnaître qu'il a parfaitement sa place dans le désert, car les pistes se perdent souvent dans le sable. D'autre part, la Tadrart s'étend sur un espace correspondant à 2 départements français.

  La première formule consiste à se rapprocher des sites les plus intéressants en 4x4 et de se déplacer ensuite à pied ou avec un accompagnement de dromadaires. Ce qui serait facile chez nous est un peu compliqué à organiser dans le désert. Dans ce cas, la forme physique des participants est mise à contribution et on va parler de marche dans le désert ou de méharée.

  La seconde formule, la plus courante dans cette région et celle que nous avons adoptée, est le tout 4x4. Son principal avantage, c'est la simplicité de l'organisation, et le fait qu'on peut compter sur de nombreux avantages comme celui d'être à moins de 6 heures d'un hôpital, de pouvoir emmener plus de matériel et de disposer du courant de l'allume-cigare pour recharger les différents accus. J'ai pu me déplacer à pied chaque jour pendant 3 à 4 heures en cherchant des cadrages valorisants, et j'ai trouvé très agréable le "rythme de promenade" du voyage en 4x4. C'est une formule rassurante pour un premier contact avec cette contrée.

  J'encourage vivement ceux qui, comme moi, aiment la montagne et la nature à se lancer dans ce genre de voyage, quand les conditions géopolitiques seront favorables. Le désert pendant la bonne saison est tout à fait agréable et la Tadrart est une région privilégiée car elle offre une grande variété de paysages.


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