Carnet de voyage à la Tadrart

   

    >Vendredi 4 Novembre 2005: De l'entrée de l'oued In Djaren à Alidema

Végétation verte
Traces de gerboise

  <<  Photo prise dans un affluent de l'oued In Djaren: la lumière rasante du matin fait ressortir les vaguelettes du sable, et la végétation bien verte nous rappelle que nous sommes remontés vers 1000 mètres d'altitude.



   La nuit, le sable enregistre le moindre déplacement de chaque animal. Ici, c'est très probablement la gerboise, sorte de souris sautillant sur ses longues pattes arrière, qui habite dans le coin.  >> 



Acacia

  Les feuilles de l'acacia du désert sont toutes petites, et il est vrai qu'on ne peut pas les voir de loin. Comme c'est un arbre qui pousse un peu partout dans le désert, il est très recherché, surtout quand il est sec, car il brûle bien. L'œil exercé du Touareg distingue très bien l'acacia sec car son écorce prend une couleur un peu orangée. 

Dromadaires


  "Les dromadaires ". C'est notre guide, Mohammed, qui nous montre des petits traits noirs au-dessus des herbes, loin devant. Nous obliquons dans cette direction pour les voir détaler à notre approche. En fait, ils appartiennent à quelqu'un, mais ils sont apparemment seuls et craintifs comme des animaux sauvages. Nous stoppons pour les voir continuer leur galop tranquille et régulier jusqu'à disparaître dans le lointain.



Monkhor



  Après une traversée de déserts plus ou moins plats et arides, nous slalomons dans une zone sablonneuse piquetée de nombreux grands rochers: Monkhor. Malheureusement, le soleil au zénith nous gêne beaucoup pour ramener des images satisfaisantes.







Scorpion noir



  Mohammed vient vers nous, il tient ses sandales à deux mains avec précaution et on voit qu'il coince quelque chose entre les semelles. Il le pose sur le sol et ne dit pas où il l'a trouvé, seulement "la piqûre est mortelle". C'est un scorpion noir. Tous les appareils de photo sont bientôt pointés sur la bestiole qui, éblouie par le soleil, avance doucement. 



Comment tenir un scorpion



  Pour l'attraper par le dard, il le coince de nouveau avec une sandale tenue à la main, en profitant du fait qu'il ne bouge pas beaucoup!
  Nul doute que Mohammed sache très bien où les débusquer. Mais il a pris un risque trop grand, car nous sommes très loin de tout secours, et c'est lui qui connaît le mieux les pistes!

      Ne faites pas comme lui, ne faites jamais ça!




  Rien à voir avec le scorpion français qui n'est pas plus redoutable qu'une guèpe; rien à voir non plus avec le grand scorpion noir du Sénégal, qui, lui, a des grosses pinces: ici, nous sommes bel et bien face à une dangereuse bestiole, qui ne bouge pas beaucoup mais garde tout son dangereux potentiel.

  Il a le corps en deux parties (céphalothorax et abdomen), comme les Arachnides et les Crustacés et contrairement aux insectes (3 parties) et aux Myriapodes (pas de dissociation marquée) disposant chacun d'antennes.
  Il n'a pas d'antennes non plus, ce n'est donc pas un Crustacé (2 paires d'antennes) mais un Arachnide comme les Araignées.
Merci à Hervé GUYOT, Chargé de missions à l'Office Pour les Insectes et leur Environnement

      Je suis bien content d'avoir une tente; demain matin, je retournerai mes chaussures avant de mettre le pied dedans. Ces bêtes, ça reste sous les pierres dans la journée et ça chasse la nuit.  



Après Monkhor, nous arrivons en vue d'une plaine un peu plate et monotone qui nous mènera à grande vitesse à Alidema. Nous en profitons pour écouter des cassettes de musique touarègue.


  Alidema est une sorte de plaine plate dans laquelle sont plantés des rochers majestueux qui se ressemblent tous. C'est le dernier soir. Je fonce vers les parties les plus photogéniques en profitant de la lumière déjà basse. Comparé à ce que nous avons vus les jours précédents, le sable paraît un peu terne. Il faut ruser avec les rayons du soleil couchant et se déplacer sans cesse pour obtenir des ombres esthétiques. Dès que le soleil est couché, je me dirige avec assurance vers mon point de départ, mais j'ai bientôt des hésitations, car tout se ressemble, le terrain est plat, les rochers assombrissent tout, il n'y a personne et on n'entend pas un bruit. J'ai dû m'éloigner un peu trop. Il faut réagir rapidement car la lumière décline très vite et je n'ai pas pris de lampe. C'est en me retournant et en pensant aux photos que j'ai faites au départ que j'arrive enfin à m'orienter correctement. C'est pour moi une bonne leçon.


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